Jungles

Jungles2Ce livre témoigne des campements de fortune installés dans le nord de la France, au début des années 2000. Pourchassés, les migrants Croates, Bosniaques, Kosovars, puis plus tard Afghans, Kurdes, Irakiens, Iraniens, Pakistanais, Somaliens, Éthiopiens, se réfugient alors dans des « coins abandonnés où même les chiens ne vont pas pisser ».

Le choix esthétique est surprenant. En effet Jean Revillard a choisi des éclairages très travaillés qui haussent les cabanes au niveau de sculptures sorte de land art de Robinson d’infortune. Un travail magnifique et engagé.
Jean Revillard, qui propose en conclusion un lexique « carnet de cabanes », a été lauréat du World Press Photo en 2008.

Un aperçu de son travail sur le site du World Press Photo : https://www.worldpressphoto.org/collection/photo/2008/contemporary-issues/jean-revillardJungles4

Jean Revillard est aussi le fondateur de l’agence Rezo.ch, première agence photographique online de Suisse-Romande. Il traite de la question des réfugiés au sens le plus large : malades des radiations,  prostituées poussées dans la forêt, réfugiés du tsunami, ils suit souvent pendant longtemps des hommes et des femmes poussés au bord de la civilisation.

Jungles : abris de fortune aux abords de la Manche / Revillard, Jean. – Genève : Labor et fides ; Paris : Ed. du Cerf, cop. 2009

Résumé : A travers 48 photographies, J. Revillard, lauréat du World press photo 2008, offre un témoignage sur les conditions de vie des migrants stationnés à Calais, dans le nord de la France, habitant des cabanes de fortune, dans l’attente de rejoindre l’Angleterre. [©Electre]

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Paysages français

BNFC’est plus d’un millier de photos de 160 auteurs qu’expose la BnF dans ses deux galeries. Un millier de photos pour retracer l’histoire du paysage français de 1987 à 2017. Cela commence tout naturellement par la commande de la DATAR (Délégation interministérielle à l’aménagement du territoire et à l’attractivité régionale – administration française en activité de 1963 à 2014), celle de 1984, la première d’une longue série de commandes financées par l’état ou les collectivités locales. Au lendemain des Trente Glorieuses, la France s’urbanise, des friches industrielles apparaissent et les zones commerciales  s’étendent. Ils sont 29, ces premiers photographes, jeunes auteurs ou artistes confirmés, français et étrangers, auxquels la DATAR confie la mission de photographier la France, comme ils veulent, comme ils le sentent. Il y aura, parmi eux, Robert Doisneau, Raymond Depardon, Gabriele Basilico ou encore Josef Koudelka. D’autres missions se succèderont jusqu’à la dernière présentée : France, territoire liquide. Par delà la mutation des paysages, c’est aussi l’évolution de la photographie de paysage que met en lumière l’exposition de la BnF. De quoi nous amener à nous interroger sur notre propre perception du paysage, de notre paysage.

expo_paysage_couturier

Stéphane Couturier
Mission photographique du Centre méditerranéen de la
photographie, commande « Sédimentations »
Série « Melting Point »,
Bastia n°1,
2007
© Stéphane Couturier
Courtesy La Galerie Particulière, Paris/Bruxelles
Centre méditerranéen de la photographie, Bastia

« Paysages français. Une aventure photographique, 1984-2017 », Bibliothèque nationale de France, site François-Mitterrand, quai François-Mauriac, Paris 13e. Du 24 octobre 2017 au 4 février 2018, « Paysages français. Une aventure photographique, 1984-2017 », (Éditions de la BnF. 304 p., 49,90 €.)
Le livre sera bientôt disponible à la médiathèque.

Si vous ne pouvez pas aller à Paris, ne manquez pas l’exposition virtuelle : http://expositions.bnf.fr/paysages-francais/

Pour aller plus loin : 
Le site de la DATAR : http://missionphoto.datar.gouv.fr/fr

 

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Développement compris

couverture du livre Kodachrome« Ses photographies sont comme des photos d’identité du réel » Roland Barthes.

Un ciel un peu délavé, la plage, un couple en maillot de bain qui joue aux raquettes. Plus loin, un terrain de foot à l’orée d’une forêt. On pourrait se croire devant les clichés d’un vacancier en balade. Réédition du fameux livre du photographe italien Luigi Ghirri, Kodachrome porte bien son titre. Des images un peu surannées mais qui demeurent fortes comme ersatz de la réalité. Ghirri fait des images avec les images de cette réalité [les cartes postales de David Hamilton sur un présentoir ! p. 88]. Il sait aussi recomposer ; la série « Ile Rousse » vaut à elle seule l’ouvrage. Entre photographie vernaculaire et multiplication des signes, Ghirri interroge les possibilités de captation du médium photographique, pour établir le cadre esthétique d’un moment tout en utilisant les pratiques ordinaires de tout photographe du dimanche.

Luigi_GhirriPour Ghirri, il n’ y a pas d’un coté les images de familles, les cartes postales, les images publicitaires. Il refuse la distinction entre les genres ; c’est l’environnement qui classifie. Alors Ghirri change l’environnent.

Aujourd’hui encore le travail de Luigi Ghirri continue d’influencer grand nombre d’artistes contemporains tel que Martin Parr, pour n’en citer qu’un.

GHIRRI, Luigi. Kodachrome. Londres, Mack ; 2012

Pour aller plus loin :

Luigi Ghirri sur le site de Polka Gallerie : http://www.polkagalerie.com/fr/luigi-ghirri-biographie.htm

 

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Surfaces de réparation

Foot2Le foot, bien sûr. Mais en Palestine, a Jénine, à Dura, à Naplouse, dans des camps de réfugiés… En choisissant pour sujet d’enquête le football en Palestine, la photographe Amélie Debray (à la suite de « L’Esprit du sport » [2010]) tend à montrer que la passion du ballon rond est partout la même. Sans occulter la situation de ce pays, elle en offre un visage pacifique et libre qui repousse les clichés. Là-bas aussi, il y a entrainement, liesse des supporters, conseils de l’entraineur, sélection nationale féminine. Très belles photos avec trois préfaces d’Agnès B, d’Eric Cantona et de Stéphane Hessel !

Présentation de l’exposition par Amélie Debray sur TV5 Monde :

 

Debray, Amélie. Surface de réparation. Pris : Fondation Art Oxylane ; Paris : Galerie du Jour Agnès B, impr. 2012.

Le site de la photographe : https://www.ameliedebray.fr/

 

 

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Tu veux ma photo

Portrait_une

La médiathèque Victor-Jara vient d’éditer une brochure sur le portrait. Une occasion de mettre en valeur des documents sur l’histoire, les techniques et les différentes tendances du portrait en photographie. Des pistes vers la peinture et la sculpture sont aussi proposées. Anecdotes et quiz complètent l’ouvrage.

A consulter en ligne ou à retirer dans le rayon photo de la médiathèque.

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Photographier au musée

musée du Louvre aujourd'hui

photo Jean-Pierre Dalbéra

Peut-on prendre des photos d’œuvres dans les musées ? Voici la question qui fait encore polémique. Pourtant le ministère de la culture a publié en 2014 une charte de l’usage de la photographie dans un établissement patrimonial, appelée « Tous photographes« . Cette charte émettait quelques consignes pour photographier sans importuner les visiteurs. Cependant, dans bien des musées, la règle reste toujours la même : pas de photos !

Pierre Noual, docteur en droit et historien de l’art propose un travail de synthèse qu’il reprend dans un «guide de sensibilisation juridique à l’usage du visiteur-photographe» intitulé «Photographier au musée». Droits d’auteur ou règlement intérieur, le juriste examine les arguments avancés par les musées pour interdire ou restreindre le droit de photographier notre tableau préféré. Pas sûr que cela fasse évoluer les musées sur ce sujet ! Pourtant, il en faut des fois peu, comme le rappelait Libération dans  dans un article sur le même sujet : « Pour mémoire, il a fallu que Fleur Pellerin, alors ministre de la Culture, partage un cliché d’un tableau de Bonnard sur Instagram pour que le musée d’Orsay se décide, en mars 2015, à lever l’interdiction de photographier ses collections.« 

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Doux Amer

Vandeen1« L’univers que nous dévoile Michel Vanden Eeckhoudt n’est pas gai. S’il ne parcourt pas la planète pour témoigner des douleurs du monde, s’il échappe à la fascination de la guerre, du drame et du sang, on voit bien qu’il ne pactise pas avec le monde des privilèges. Il nous parle de nous. De nos enfants, de nos journées, de notre solitude, de nos bouffées d’allégresse, de nos fatigues, de la mort qui rôde, de la curieuse façon dont la terre tourne, de la lumière qui découpe étrangement nos silhouettes sur l’absurdité du monde. » [Francine Deroudille – extrait de Michel Vanden Eeckhoudt, « Photo Poche », n° 110]. Le photographe belge a privilégié des photographies d’animaux pour parler de nous, pour interroger nos sentiments : colère, peur, inquiétude, rage, angoisse… Dans des compositions tirées au cordeau, drapées dans des gris veloutés et des noirs charbonneux, les images revêtent un ton plus grave, plus sombre qu’à l’ordinaire, qui ne doit ni repousser, ni faire oublier l’humour ou le clin d’œil.

Membre cofondateur de l’agence VU’, Michel Vanden Eeckhoudt est un photographe belge, né en 1947 à Bruxelles et décédé le 28 mars 2015 dans la même ville.

VANDEN EECKHOUDT, Michel. Doux-amer : exposition du 1er juillet au 22 septembre 2013 dans le cadre des 44es Rencontres internationales de la photographie d’Arles. Paris, Delpire ; 2013.

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L’arbre qui cache la forêt

Arbre2L’arbre est partout, en ville, à la campagne, à la mer, à la montagne. L’arbre est surtout particulièrement photogénique. Mais plus que le côté sylvestre, c’est la profonde diversité des photographies qui interpelle dans ce livre. Photographes anonymes ou maitres reconnus, débutants, élèves ou professeurs nous offrent à travers mille techniques un hommage à l’arbre et au plaisir qu’on prend à le regarder

Henri-Langerock_Une-allee-dans-la-foret-de-fontainebleau_avant-1872

Henri Langerock – une allée dans le bois de Fontainebleau – avant 1872

Les photos présentées dans ce livre proviennent de la remarquable et considérable collection de l’école des Beaux-Arts. 70 000 épreuves et négatifs rassemblés à des fins pédagogiques pour servir de documentation aux élèves. Regroupées en trois parties (l’arbre et la nature, l’arbre et la ville, l’arbre et l’homme) ces photographies, où se mêlent documentation et recherche artistique, témoignent du lien privilégié entre l’homme et l’arbre.

L’Arbre et le photographe : exposition présentée à l’École nationale supérieure des beaux-arts, du 3 février au 22 avril 2011, [Paris]. Édité par Beaux-arts de Paris, les éd.. Paris ; Ministère de la culture et de la communication, DL 2012

Pour aller plus loin :

La critique d’Olivier Belon dans la revue Critique d’art :
BELON, Olivier. « L’Arbre et le photographe ». Critique d’art, 2012. Disponible à URL : http://critiquedart.revues.org/5322. Consulté le 26 mai 2017

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Je est autre(s)

OCulmannQui sommes-nous pour les autres, peut-on se demander à la lecture du livre « The Others »? Quelle est l’image que notre portrait renvoie aux autres ? Ne sommes-nous pas tentés de camoufler notre identité en modelant notre image ? Olivier Culmann, qui ne cesse de s’intéresser aux autres, nous emmène cette fois-ci en Inde. « Avec ‘The Others’, je voulais mettre en valeur la photographie populaire indienne qui, pour moi, est d’une très grande richesse, à travers ses vêtements, ses accessoires, les poses ou encore les décors utilisés. Celle qu’on trouve encore aujourd’hui dans les studios photo de quartier et de village, et ce malgré l’uniformisation des modes de vie qui gagne peu à peu le pays » indique Olivier Culmann. Dans la société cloisonnée indienne, l’image de l’individu transcrit la religion, la caste ou encore la profession. Comme partout, mais, peut-être, plus encore en Inde, l’habit fait le moine ! Olivier Culmann a donc travailler sur le portrait que tout indien peut encore aujourd’hui se faire tirer dans un studio photo de quartier.OCulmann5

Dans une première phase, le photographe va utiliser les studios photo répartis entre différentes villes d’Inde, notamment Delhi et les régions environnantes, Chennai, Pondichéry et Bombay pour se mettre en scène dans une galerie de portraits d’hommes de la rue de toute condition et de tout âge devant les décors proposés par ces studios. Dans une seconde phase, les décors des studios vont être remplacés par des décors numériques. La troisième phase consiste à donner à des studios de retouche des morceaux noir et blanc de portrait afin qu’ils reconstituent une image complète. Enfin la dernière phase, Olivier Culmann confie ses portraits en noir et blanc à un peintre et lui demande de les reproduire en utilisant différents styles.

« Une oeuvre à la fois drôle et juste dans son analyse des conventions vestimentaires et du pouvoir de l’apparence« . L’OFFICIEL DES GALERIES ET MUSEES

« Un travail qui explore les liens entre statut social et construction d’une image de soi« . L’OBS

Décliné sous trois couvertures différentes, l’ouvrage, paru en octobre 2015, rassemble pour la première fois toute la série The Others
Plusieurs textes éclairent les multiples facettes de ce travail :
• CHRISTIAN CAUJOLLE (Commissaire indépendant).
• FRANÇOIS CHEVAL (Directeur du Musée Nicéphore Niépce).
• CHRISTOPHER PINNEY (Professeur d’anthropologie et de culture visuelle à l’University College de Londres).

The Others / Olivier Culmann ; avec les textes de Christian Caujolle, François Cheval, Christophe Pinney. – Paris : Editions Xavier Barral

Pour aller plus loin :
-> L’interview d’Olivier Culmann :

-> Olivier Culmann dans l’Atelier des photographes (Arles – Les Rencontres de la photographie)

Né en 1970 à Paris, Olivier Culmann est photographe depuis 1992 et membre du collectif Tendance Floue depuis 1996.
Le travail d’Olivier Culmann est traversé par les questions récurrentes de la liberté et du conditionnement.
http://tendancefloue.net/olivierculmann/bio/

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Vends caravane pliante

Couverture du livre de Thierry BouëtThierry Bouët est un spécialiste du portrait. Et pour cause, il était directeur artistique du fameux studio Harcourt. Quand il découvre par hasard une photographie accompagnant une annonce sur le site du Bon Coin, l’idée lui vient de faire le « portrait » de ces vendeurs. Il sélectionne donc des annonces qui lui plaisent et téléphone aux vendeurs. « J’explique que l’objet m’intéresse beaucoup, non pas pour l’acheter mais pour le photographier. Une fois sur deux, on m’envoie balader. » indique le photographe.

Thierry Bouët rencontre alors le vendeur et met en scène la photo afin de restituer une tranche de vie de la personne. Car plus que l’objet, qui parfois peut être très banal comme ce transat (p. 116) ou encore cette maison de plain-pied (p. 72), c’est l’humain et son histoire qui intéresse le portraitiste. Chaque photo est accompagnée d’un texte, au ton neutre, qui explique le pourquoi de la vente.

Ainsi sur chaque page du très beau livre des éditions Xavier Barral, on trouve la photo du vendeur et de l’objet, réalisée par Thierry Bouët, le texte de l’annonce et le texte explicatif rédigé par le photographe. Mon annonce préférée est à la page 74 et s’appelle « Caravane pliante « 

Un beau livre ! Un livre bon !

Affaires privées / Thierry Bouët ; Rencontres internationales de la photographie ; 44 ; 2013 ; Arles, Bouches-du-Rhône) . – Paris : Ed. X. Barral, 2015.

Pour aller plus loin

Le site de Thierry Bouët regorge d’autres portraits ! Pour ses recherches personnelles, Thierry Bouët s’intéresse à des domaine ayant pour thème les hommes, les femmes, l’observation des modes de vie : personnes dormant dans des lits insolites, femmes cherchant l’amour par petites annonces, adeptes du bronzage, personnes vivant à l’hôtel…
http://www.thierrybouet.com/

L’interview de Thierry Bouët dans Focus Numérique

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